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Interviews disponibles :
- Satoshi Nishimura, réalisateur de l'anime Hajime No Ippo : The Fighting
- Grégoire Hellot, directeur de collection chez Kurokawa


Interview de Satoshi Nishimura, réalisée par Ryan Escobar lors de l'Anime-Expo 2004 (ndlr: Anime Expo aux Etats-Unis est un évènement un peu comparable à la Japan'Expo en France.), traduite par Tsubasa :

Avec l'adaptation animée de sa fameuse version manga, Hajime No Ippo se lance à la conquête des Etats-Unis avec la sortie de son premier DVD sous le nom de "Fighting Spirit", Planet Exile a pu réaliser une interview de son réalisateur renommé, Satoshi Nishimura, qui a aussi travaillé sur la série Trigun.


- Comment vivez-vous l'Anime Expo jusqu'à maintenant ?
Satoshi Nishimura : Je suis très fatigué. Je suis arrivé il y a à peine 6 heures, et je n'ai même pas réussi à dormir pendant le vol. En plus, je viens juste de terminer une autre interview qui m'a fatigué.

- Etait-ce une coincidence que Tsuneo Imahori travaille sur la musique pour vos deux principaux projets : Trigun et Hajime No Ippo ?
N : J'ai spécialement choisi Imahori pour Trigun, cependant, pour Hajime No Ippo, les producteurs ont choisi Imahori sans vraiment le connaître. Quand je l'ai appris, ce fut autant une bonne surprise qu'une coincidence.

- Avec ces deux projets, l'adaptation du manga fut difficile ? Les Mangaka avaient-ils des directives spécifiques à vous donner ?
N : Pour Trigun, Yasuhiro Nightow ne m'a rien demandé de particulier, excepté de suivre la trame du manga. Il était très ouvert à mes propositions. Cela dit, pour Hajime No Ippo, Morikawa voulait vraiment garder l'esprit du manga. Il avait mis l'accent là-dessus car Hajime No Ippo est son meilleur et plus populaire travail.

- Les deux animes Trigun et Hajime No Ippo se sont arrêtés avant la fin du manga; aurons-nous droit à la suite d'une des deux séries ?
N : Je ne prévois pas d'en faire plus pour Trigun, car l'histoire de l'anime avait une fin. Par contre, j'aimerais bien continuer à travailler sur Hajime No Ippo. Si la série accumule assez de fans, nous travaillerons peut-être sur une deuxième saison.

[...]

- En tant que directeur dans l'industrie de l'anime, avez-vous certains modèles ou des personnes dont vous vous inspirez ?
N : Je me considère plus comme un individu qui essaye de développer son propre style dans l'industrie de l'anime. Quand je travaille, je retranscris ce que je pense être le mieux au moment-même sans penser à ce qu'ont réalisé les autres. Cependant, j'apprécie et respecte les travaux de Hayao Miyazaki.

- De toutes les techniques qu'utilise Ippo, laquelle trouvez-vous la plus amusante ?

N : Ippo possède beaucoup de techniques, comme le "Dempsey Roll" et le "Gazelle Punch". La majorité d'entre elles a été reproduite avec beaucoup de réalisme. Nous les avons animées à moitié réalistes, et à moitié embellies, donc, d'un côté, on peut voir Ippo en train de réaliser des coups proches de la réalité, et d'un autre, on peut voir un énorme impact sur ses adversaires. Pour répondre à la question, je dois dire que le Dempsey Roll est la technique la plus exagérée qu'Ippo utilise, mais c'est aussi la plus marrante à regarder.

Source : http://www.planetexile.com

 

Interview de Grégoire Hellot, directeur de collection aux éditions Kurokawa, proposée par la rédaction de Manga-News, le 14 aout 2009.

Manga-news: Quel est votre bilan des quatre dernières années?
Grégoire Hellot: Le bilan est plutôt positif, puisque nous sommes le quatrième éditeur du marché maintenant. Nous sommes satisfaits, car nous arrivons à avoir des ventes plutôt élevées, alors que nous sortons 2 à 3 fois moins de livres que d'autres éditeurs. Ceci est un choix, car d'une part le budget des lecteurs n'est pas extensible, et d'autre part il est inutile de sortir des mangas qui passent totalement inaperçus. De plus, je peux alors relire tous les livres, les vérifier. Tous nos titres ont été lancés, avec de petits ou de gros évènements autour, chose impossible à faire avec 10 sorties par mois.
   
   
Y-a-t-il eu un titre qui vous a déçu au niveau des ventes?
Dernièrement non. Mais sur la durée, je pense à Ippo, la rage de vaincre. C'est dommage, nous avons mis beaucoup de moyens. Même si ce titre a du succès, il n'en n'a pas autant que nous l'espérions. Je pense que le scantrad en est certainement la cause, car nous sommes bien en retard par rapport à la parution au Japon, et quelqu'un qui aura lu les scans n'aura pas forcément envie de tout relire ensuite sur la version papier. Mais ça n'est que mon opinion.
   

   
    
Quel est votre avis sur le scantrad en général?
Deux choses m'embêtent avec le scantrad. La première: légalement c'est du vol, alors que beaucoup de personnes ont l'impression d'être dans la légalité. Ça n'est pas du tout le cas, ils font la reproduction d'un travail qui n'est pas le leur, et ça crée un manque à gagner pour l'auteur japonais. Mais ceci, ils ne veulent pas l'admettre. A l'époque où les éditeurs ne faisaient pas de marketing, le scantrad nous aidait en quelque sorte à promouvoir un titre, afin qu'il soit connu. Aujourd'hui, des opérations de lancement sont toujours effectuées, surtout quand ce sont de gros titres. Effectivement, le scantrad aide le public à connaître les titres, mais il ne les incite pas à acheter non plus. Le scantrad est en fait une promotion illégale. Tant que l'auteur n'a pas donné son accord, même si le titre n'est pas sorti en France, le scantrad reste illégal.
La deuxième: le travail de traduction n'est pas toujours bien fait. Ce sont des jeunes qui font cela par passion, mais ils ne sont pas diplômés. Le problème qui se pose, c'est que les lecteurs de scantrad, lorsqu'ils achètent le manga, sont dépaysés, ils trouvent que la traduction n'est pas correcte, que les personnages ne parlent pas de cette façon «normalement». C'est un problème qui est survenu lors de la sortie de Fullmetal Alchemist.
 
 
Comment choisissez-vous un titre?
Ça n'est pas très compliqué! Je reçois les magazines de prépublication pour les nouveaux titres. Quand je vais au Japon, en général pour les shôjos, je demande conseil aux vendeuses en leur expliquant ce qui m'a déjà plu auparavant, on en discute. Le plus difficile sont les mangas pour jeunes femmes et femmes. Nous avons Kimi Wa Pet, Life. Pour Life, nous avons hésité pendant quatre ans, car ce manga était peut-être trop dur. Et finalement, la nouvelle patronne de Kurokawa, arrivée en 2007, a aimé ce manga. Celui-ci ne se vend pas très bien, car nous l'avons sorti en septembre 2008, un moment où il y avait une grosse offensive shôjo de la part des autres éditeurs. Il s'est noyé dans la masse.
  
   
Justement, que pensez-vous de l'offensive des autres éditeurs sur le shôjo?
Je pense qu'il faut faire des mangas pour filles, parce qu'il y en a de bons. Il ne faut pas faire du shôjo parce qu'il n'y a plus de mangas pour garçons. Le problème est que les éditeurs se sont emballés trop vite sur le manga pour filles. Le marché était en train de frémir grâce à Nana, les filles ont alors commencé à acheter du manga. La brèche s'est à peine entrouverte que tout le monde y est entré. Personne n'a laissé le temps à ce marché de mûrir. Par conséquent, il est déjà saturé, alors qu'il n'est pas encore arrivé à maturation. C'est dommage.
  
    
Vous essayez alors d'en tenir compte lors du choix d'un titre shôjo?
Oui évidemment! Par exemple, j'ai essayé de lancer beaucoup de mangas d'humour, car ça n'existait pas en France, il n'y en avait que très peu. Je me suis aperçu que le public préfère avoir un manga d'action drôle, ou un manga de sport drôle, plutôt qu'un manga drôle qui parle d'autre chose. De ce fait, j'esaie de faire des compromis, et un catalogue de qualité.
 
  
Avez-vous une ligne éditoriale bien définie?
Contrairement à Delcourt qui a une image shôjo, Kana et Glénat qui sont plutôt Jump, Tonkam qui est alternatif, Pika plutôt mangas subversifs, la seule image qu'a Kurokawa est une image de livres de qualité. Ça n'est pas plus mal, nous choisissons nos titres au compte goutte, mais au moins le public sait que ce que nous choisissons est réfléchi. Je pense qu'aucun manga n'est réellement mauvais chez Kurokawa.
  
  
Comment voyez-vous le marché actuel? Le pensez-vous saturé?
On dit que les éditeurs vont mourir, mais tout le monde tient. Les grosses boîtes ont un traineau qui suit, les petites peuvent vivre avec mille exemplaires. Ce sont ces dernières qui vont survivre longtemps, car elles n'ont pas besoin de gros exemplaires pour rester debout. Le marché du manga a beaucoup changé, car avant il y avait moins de lecteurs mais ils achetaient tout. Aujourd'hui, il y a plus de lecteurs mais ils achètent tous la même chose. Le marché ne baisse pas du tout, c'est juste que ça n'est plus les mêmes choses qui se vendent. Les gros succès sortent du lot, les autres séries se vendent peu. C'est alors la course à l'armement, tout le monde sort de plus en plus de mangas pour trouver la perle. Les éditeurs prennent de plus en plus en risques, et ça n'est pas forcément bon pour le marché.
Plus que de la saturation, il va y avoir l'exaspération du public et une segmentation très forte, un peu à l'image du cinéma aujourd'hui, avec quelques blockbusters par an, puis des choses bien spécialisées, comme du yaoï, des mangas avec des soubrettes, ou du gothic. Toute cette lecture spécialisée, nous la trouvons chez les petits éditeurs. Il va donc y avoir les gros éditeurs qui sortiront des titres à foison, en espérant en avoir un qui fonctionne, et les petits éditeurs qui expérimenteront. Je pense que le marché va de plus en plus se sectoriser.
  
  
On a parlé de l'arrivée des éditeurs japonais en France, qu'en pensez-vous?
Je pense qu'ils ne viendront pas dans l'immédiat, car c'est trop compliqué. Je sais que les éditeurs japonais ont pris leur décision, ils ne viendront pas sur le marché du papier. Ils préparent une grosse offensive sur le manga dématérialisé, sur téléphone portable. Nous aurons un modèle économique où les Japonais, sans passer par les français, vont distribuer leurs mangas sur des plateformes de dématérialisation.
    
   
Est-ce que vous pensez que le marché français est prêt pour le manga sur téléphone portable?
Je pense que chez les personnes de 20-30 ans, le réflexe ne sera sans doute pas immédiat, car le manga sera sur un petit écran, les dessins seront petits. La génération qui a 15 ans en 2009, c'est la première qui n'a jamais connu la vie sans internet. Ce sont des gens qui ont l'habitude d'aller sur le net pour leurs recherches scolaires, au lieu d'aller à la bibliothèque, s'ils veulent écouter un morceau de musique, ils le téléchargent. Pour eux, ce sont des réflexes normaux. Ils n'ont pas l'habitude d'attendre, ce sont des consommateurs actifs. Eux, peut-être qu'il auront envie d'avoir le manga directement dans leur portable, car ce sont des personnes qui sont beaucoup moins dans l'objetisation que nous: l'objet n'est pas important pour eux, ils ont une habitude de consommation dématérialisée. Je pense que c'est dans ce sens-là que les éditeurs japonais réfléchissent. Il se passe d'autres choses, comme les ebook. Ils n'affichent pas encore les mangas, mais quand cela sera fait, et qu'ils ne seront pas chers, là par contre, ça nous fera beaucoup de mal. Sur une simple carte mémoire, il y aura 200 volumes.
  
  [...]
    
Que pensez-vous du fait d'éditer des titres très anciens?
Je pense que c'est un sacrifice éditorial. J'adore les vieux mangas, mais je fais la distinction entre ce que j'aime et mon métier. Les lecteurs ne sont pas encore suffisamment prêts à acheter des vieux mangas, ils ne sont pas encore assez nombreux. Par exemple, beaucoup d'éditeurs ont fait du Tezuka, mais personne ne gagne d'argent avec. Le public à être satisfait n'est pas large. Personnellement, c'est un risque que je ne veux pas prendre maintenant. Je prends mon temps. Je ne veux pas transformer le marché, je veux juste être là au moment où le marché sera prêt pour quelque chose.
 
 
C'est une belle phrase de fin!
Merci!
    
    
Remerciements à Grégoire Hellot.
Pour retrouver l'interview dans son intégralité, rendez vous sur www.manga-news.com